Syrie : Yabroud touchée par les larmes de la Sainte Vierge.

Syrie-Patriarche-Gregoire-III-Lahham-credit-AED

C’est un véritable miracle qui s’est produit dans ce petit village syrien : pendant 48 heures, une statue de la Vierge Marie s’est mise à pleurer. Le 8 septembre, jour de la Nativité de Marie, Yabroud fêtait l’installation d’une imposante statue de la Sainte Vierge, en présence de l’évêque de l’archéparchie de Homs, du nonce apostolique et du patriarche grec-melkite catholique, Grégoire III Laham. Des personnalités civiles et musulmanes avaient également fait le déplacement ttirant depuis pèlerins chrétiens et musulmans.

Pour le père Georges Haddad, curé de la ville, cette statue est une réponse aux djihadistes qui ont détruit de nombreuses statues ou icônes lors de leur occupation, mais pas seulement.

Des larmes dans les yeux de la statue pendant deux jours

Quelques jours après la libération de cette petite ville de 60 000 habitants, au printemps 2014, certains étaient déjà de retour dans leurs maisons parfois détruites, souvent pillées. Le père Georges se souvient d’avoir entendu des paroissiens lui affirmer qu’une statue de la Vierge pleurait dans la petite chapelle située juste à côté de l’historique cathédrale Constantin-et-Hélène.

Le lendemain, des enfants viennent le trouver en courant : la Vierge pleure à nouveau. « J’ai vu une larme au coin de ses yeux, et la Vierge rayonnait d’une lumière éclatante, cela a duré 48 heures », explique le père devant cette statue redevenue de pierre, qui continue pourtant à attirer chaque jour de nombreux pèlerins chrétiens et musulmans.

Des larmes de joie ou de tristesse ?

Quelques maisons plus loin, un père de famille brandit son portable et montre une photo de la statue prise alors qu’elle pleurait : « C’étaient des larmes de joie parce que les enfants de Yabroud commençaient à revenir », commente-t-il après avoir montré de multiples photos de sa maison détruite par des tirs d’obus mais rapidement reconstruite « pour ne pas laisser [les terroristes] gagner » .

Le père Georges est plus prudent sur la signification de ces larmes : « Nous nous sommes demandés quel pouvait être le message de la Vierge… Pleurait-elle à cause de la souffrance des Syriens ? Sans doute. De joie parce que ses fils revenaient ? Sûrement… Nous ne pouvons savoir, mais nous avons choisi de la mettre à l’honneur et de lui confier à nouveau notre paroisse », précise-t-il, fier de cette nouvelle statue installée dans la cour d’une église contre laquelle les djihadistes s’étaient acharnés.

« La Sainte Vierge n’a cessé de nous protéger pendant cette guerre, elle ne cesse de nous rappeler que nous sommes ses enfants, si nous détournons notre regard, nous perdons l’espérance », confie une jeune mère de famille revenue s’installer dès la libération de la ville. Cette statue est donc un remerciement, une manière de résister et un encouragement pour tous ceux qui sont revenus mais qui continuent malgré tout à souffrir d’une guerre interminable.

 

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