Exposition de la peintre polonaise Agnieszka Daca à la cathédrale de bayonne et les sentinelles de la miséricorde.

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Peinture Père Cestac

A l’occasion de l’année Cestac, la cathédrale Sainte Marie de Bayonne accueille « Échelles de perfection », une exposition de la peintre polonaise Agnieszka Daca (peintures a voir) du 23 mai au 7 juin 2015. Les sentinelles de la miséricorde ont participé samedi 6 juin à la cathédrale, dans l’après midi. Mgrs Aillet et le vicaire L’Abbé Lionel Landart ont reçu la peintre Agnieszka Daca pour son exposition.

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La présidente et l’artiste Agnieszka devant une de ses ouvres : Sainte Faustine et Jésus miséricordieux.

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2015-06-06 17.20.38 Biographie : Agnieszka Daca est diplômée de la Faculté de Peinture de l’Académie des Beaux Arts de Cracovie. Ce diplôme lui a été décerné en 1994. Elle a également suivi les cours de l’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris, dans l’atelier de techniques de la peinture et dans l’atelier de fresque. De 2009 à 2013, elle a été chargée des cours de Structures Visuelles à l’Institut d’Histoire de l’Art et de la Culture de l’Université Pontificale de Cracovie. Depuis 2009, elle enseigne la peinture et le dessin à la Faculté d’Art de l’Université Pédagogique de Cracovie. Elle a passé son doctorat en 2014.

"Miasto zbawienia"  100x70 cm

Peinture Echelles de la perfection

Ses travaux ont été présentés dans plusieurs expositions d’auteur à Cracovie, mais aussi à Paris, Varsovie, Łomża, Nuremberg, Bordeaux, Anglet, Irun. Elle a participé à des dizaines d’expositions de groupe : en Pologne (Cracovie, Varsovie), en France (Paris, Montreuil, Saint-Jean-de-Luz, Biarritz, Anglet, Bayonne, Nay, Pardies-Piétat), ainsi que aux Pays-Bas, en Italie, Grande-Bretagne, Japon, Luxembourg, Venezuela, République Dominicaine, Togo, Croatie, Taïwan, Corée du Sud, Allemagne et Espagne. Elle a obtenu le premier prix du concours « Artistes du Monde » à Paris en 1995, le prix du Cercle Montreuil Culture en 1997, le premier prix du XIIème Salon des Indépendants de Saint-Jean-de-Luz et le premier prix du XVIIème Concours de Peinture « Adour – Bidasoa » d’Irun en 2008. Elle s’est vu attribuer une bourse de la Ville de Paris en 1996, du Gouvernement français en 1994/1995 et en 1999/2000, de la Ville de Cracovie en 1998, du ministre polonais de la Culture en 1999, du Kunsthaus de Nuremberg en 2004 et une bourse de doctorat de l’Université Pédagogique de Cracovie en 2012/2013.

"Drabiny doskonałości"  100x70 cm

Les écrits mystiques sont d’une très forte densité et leurs auteurs soulignent la difficulté de transcrire d’une manière adéquate ces expériences spirituelles. On y trouve des images, et pourtant, l’intensité et la spécificité du message qu’ils portent sont telles que les traduire dans un langage fait de formes visuelles semble impossible. Mais il existe malgré tout des illustrations tout à fait littérales de tels textes, citons pour mémoire les miniatures du XIIe siècle réalisées à partir des visions de sainte Hildegarde de Bingen. De façon générale, je ne tente pas de représenter les visions qui accompagnent l’expérience du mysticisme. Il y a cependant un élément dont l’expression m’est apparue comme particulièrement essentielle, il s’agit du motif des « échelles de perfection » qui apparaît dans plusieurs textes et dans l’iconographie traditionnelle des mystiques. La première connotation est celle du rêve du Jacob, mais c’est avant tout le symbole de la tension de l’âme vers Dieu. Dans son œuvre « L’Échelle Sainte », Jean Climaque (VIIe siècle) résumait l’expérience d’un progrès de l’homme, représentant cet effort par la métaphore des trente degrés pour monter au ciel, qui permettent de tendre vers la perfection. Saint Jean de la Croix (XVIe siècle), dans son ouvrage « La Nuit obscure », décrit la foi comme « un escalier secret par lequel l’âme atteint jusqu’aux profondeurs de Dieu ».

"Otwarte niebiosa"  100x70 cm

Dans le cycle de mes compositions, je fais référence à la symbolique mystique de la lumière et de la couleur, par laquelle passe la tentative d’exprimer la réalité extra-sensorielle. Je tente d’isoler, dans la vie des mystiques, des situations significatives, des moment décisifs. J’essaie de trouver une image qui soit la synthèse de leurs expériences spirituelles et de leur trajectoire existentielle en représentant ces figures à un instant donné de leur vie. De plus, j’imprègne de la symbolique liée à la description des expériences mystiques la structure visuelle des tableaux.

Les moyens formels mis en œuvre contribuent à éclairer les aspects transcendants tout en émettant un discours intégral sur l’homme. La construction des tableaux tente de trouver un équilibre entre la substance et la forme, de façon à approcher, au travers de ses caractéristiques visuelles, la vérité qui touche l’essence des choses. Les moyens utilisés ne traduisent pas de manière littérale les idées contenues dans le mysticisme, mais tentent plutôt de trouver un équivalent sensoriel spécifique susceptible d’accéder à un spectateur contemporain.

Mon dessein est de créer des tableaux qui expriment plutôt qu’ils ne représentent, qui invitent à la réflexion et à la contemplation. La couleur constitue l’élément prépondérant de la structure. Elle a un sens symbolique, signe visible de valeurs spirituelles. Elle a aussi une dimension émotionnelle et expressive en tant que moyen agissant de la manière la plus directe et exprimant des contenus intuitifs. Pour trouver l’inspiration, je me tourne vers les théories de la couleur qui associent les couleurs à une signification mystico-symbolique particulière. Je recours à la conception de la couleur dans des associations archétypiques ; je me réfère aussi à une théorie qui associe les couleurs à des états d’âme, des émotions. D’une manière générale, à l’intérieur d’une même composition, j’utilise une gamme limitée de teintes.

"Po tamtej stronie"  100x70 cm

La lumière a, elle aussi, une portée symbolique. Son sens spirituel a été mis en valeur par l’art au long de l’histoire, et l’expérience de la lumière est un moment privilégié de la mystique. La lumière, c’était l’illumination, les bouleversements intérieurs. Dans la métaphysique médiévale, son éclat devait aider les âmes à passer du monde du visible à celui de l’invisible. Par ailleurs, au XVIe siècle, saint Jean de la Croix formule une théologie de l’obscurité, selon laquelle la « nuit noire de l’âme » est nécessaire pour atteindre à la perfection spirituelle. Ce qui relie l’ombre et la lumière est aussi un problème pictural majeur. Je mets en contraste les parties claires et les zones sombres de mes compositions d’une manière plus décisive qu’auparavant, ce afin de renforcer la dynamique de leur structure visuelle.

Agnieszka : Au cours de mon travail, je me laisse aussi d’une certaine manière guider par le tableau en train de se faire ; j’ajoute et assemble les moyens picturaux à mesure que prend forme la conception de départ.

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