Le pape François a lavé les pieds de douze prisonniers, six hommes et six femmes de divers pays, à la prison romaine de Rebibbia, où il célébrait la messe du Jeudi Saint.

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L’assemblée tant masculine que  féminine a accueilli le pape François venu célébrer dans la petite église « Padre Nostro » de la prison romaine de Rebibbia la messe du Jeudi Saint. Depuis le début de son pontificat c’est la deuxième fois que l’évêque de Rome réserve à un centre carcéral l’une des plus importantes célébrations de l’année liturgique, qu’accueille traditionnellement sa cathédrale, Saint-Jean-de-Latran.

le pape a salué des mains et embrassé des petits enfants en remontant vers l’autel, contrairement à son habitude dans la basilique Saint-Pierre. Auparavant, à son arrivée dehors, il a remercié au micro la foule pour son accueil chaleureux. A la sortie, son bain de foule sera plus long et chaleureux encore. Le pape, arborant un large sourire, s’est laissé embrasser, enlacé par des bras tatoués tandis que d’autres tiraient sur son aube.

Dans cette église toute de briques, au mur, derrière l’autel, décoré de deux icônes, il a présidé une célébration simple, à l’image de tant d’églises paroissiales. Au fond, des policiers en uniforme assistent à l’office debout, comme un rappel de la surveillance du lieu.

Le pape François s'adresse à des prisonniers de la prison de Castrovillari en Calabre, Italie.

Six hommes et six femmes

Moment le plus émouvant de cette liturgie, le pape, à genoux, drapé d’un linge blanc, a lavé, un à un, les pieds de douze détenus, à parité hommes et femmes, celles-ci provenant d’une prison voisine. Ces douze, nombre qui reprend celui des disciples dont le Christ a lavé les pieds avant sa Passion, provenaient de divers pays : parmi les femmes, deux sont du Nigeria, une du Congo, une autre de l’Equateur. Chez les hommes, un vient du Nigeria, un autre du Brésil.

L’une des femmes africaines portait un petit sur les genoux, dont le pape a lavé aussi le pied et embrassé avec délicatesse, comme à tous. Sa jeune voisine s’est laissé faire, à son tour, en larmes. Après elle, l’homme à ses côtés a saisi les mains du pape pour les porter sur sa tête pour les embrasser et être béni.

 « Esclave de vous »

 Auparavant, le pape François a improvisé une brève homélie pour rappeler, d’une voix douce, que ce geste du lavement était au temps de Jésus accompli par des esclaves. « Il s’est fait esclave pour servir », a-t-il souligné, invitant à prier pour que lui aussi – le pape- soit lavé et devienne « esclave de vous ». Il a signalé que son geste s’adressait à tous.

Comme en écho à son homélie à la messe chrismale, célébrée le matin en la basilique Saint-Pierre, le pape a répété que « Jésus ne se fatigue pas d’aimer, ni de pardonner ». S’adressant directement aux détenus, il a rappelé : « Jésus t’aime, sans limite, jusqu’au bout ». Il a insisté sur cet amour sans bornes pour chacun : « Son amour est ainsi personnel ».

La messe s’est poursuivie par la célébration eucharistique, dont le Jeudi saint remémore l’institution. Un récent mort de la prison a été évoqué au cours de la prière autour de l’autel, sur lequel étaient posés des calices de facture moderne. L’assemblée a participé avec recueillement. Au moment du baiser de paix, des détenus ont serré les mains de policiers.

Selon l’aumônier de Rebibbia, le père Sandro Spriano, cité par Radio Vatican, la venue du pape est « le signe de l’attention que l’Église de Rome accorde à l’univers carcéral et cela touche beaucoup les détenus, qui se sentent ainsi fils de Dieu, aimés par l’Église et par le pape. »

Jean-Paul et Benoît XVI

jean paul II et ali

 Cette prison au nord-est de l’agglomération romaine, qui a le triste record de suicides en Italie, a déjà reçu la visite d’autres papes. Jean-Paul s’y était rendu en 1983 rencontrer Ali Agça, l’homme turc qui avait tenté de l’assassiner. Benoît XVI y est allé à son tour en 2007 et 2011, se livrant à une séance de questions-réponses avec des détenus.

Au tout début de son pontificat, François avait célébré le Jeudi saint dans une autre prison romaine, celle pour mineurs de Casal del Marmo. L’année dernière, il l’avait célébré dans un centre de réhabilitation neuromotrice et d’accueil pour personnes âgées en difficulté.

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